Restauration de l'orgue d'Ejea de los Caballeros
province de Zaragoza (Espagne)

    Histoire :

     

    L’orgue de l’église del Salvador de Ejea de los Caballeros est signé par Saturnino Inchaurbe en 1882. Cette marque apparaît dans le sommier UT# de l’instrument. En réalité,  Saturnino Inchaurbe n’a pas réalisé une construction entièrement nouvelle, mais une reconstruction, en conservant le buffet et une très grande quantité des tuyaux de l’orgue précédent dont l’origine remonte au XVIIIème siècle.
    De cet instrument primitif, le buffet conserve la trace des anciens tirants de jeu qui étaient disposés dans les panneaux de chaque côté du clavier.
 
  

 

    L’intervention de Inchaurbe est très intéressante car elle est parfaitement traditionnelle du point de vue de la composition et de l’harmonisation, mais totalement moderniste d’un point de vue technologique (ambitus du clavier, construction de sommiers diatoniques malgré le maintien des demi-registres etc.).
    Cette double ambition, à la fois traditionnelle et moderniste a poussé le facteur vers la recherche d’une synthèse originale entre la facture régionale aragonaise et la facture romantique française qui semble avoir fortement influencé Inchaurbe. Ainsi par exemple, la construction de deux sommiers symétriques UT et UT#, divisés chacun en Basses et Dessus favorise une alimentation bien plus abondante et stable que dans l’apposition ancienne d’un sommier pour les Basses et un autre pour les Aigus.

Mécanique de tirage des jeux

Vue des deux sommiers diatoniques
Accord de Trompeta Magna
 et Trompeta Real

    Restauration :

     

    Au moment de son démontage, cet orgue menaçait de s’effondrer car sa charpente pourrissait dans les scellements du mur Nord, particulièrement humide. Un tiers de la tuyauterie avait été volé en raison de l’abandon de cet instrument depuis plus de 30 ans, et les tuyaux qui demeuraient avaient souffert des travaux de restauration de cette superbe église romane.

    Le programme de restauration, décidé en accord avec le musicologue José Luis GONZALEZ URIOL a consisté à restaurer scrupuleusement tout le matériel original et reconstituer les pièces manquantes ou pourries.

    Le parfait équilibre polyphonique du Plenum (en 1882!), la douceur des Nasardos et la puissante Trompeteria démontrent qu’à la fin du XIXème siècle le facteur Inchaurbe maintenait vivace la grande tradition aragonaise du XVIIIème siècle, tout en observant les œuvres de ses contemporains du sud de la France.    

Orgue de “Iglesia del Salvador”     Ejea de los Caballeros (Espagne)

Discographie et composition
 de l’orgue