Construction de l'Orgue de l'Abbaye
de Sylvanès

    Création :

     

    Le nouvel orgue de l’Abbaye de Sylvanès répond à trois critères : 

 1- S’intégrer parfaitement dans une architecture cistercienne de premier ordre.

 2- Vivifier  le  renouveau  liturgique  issu  de la Liturgie Chorale du Peuple de Dieu , composée à Sylvanès.

 3- Susciter la création d’œuvres contemporaines et favoriser la diffusion du répertoire organistique à travers le festival international de Sylvanès.

    Architecture :

     

    Conformément  aux canons  de l’architecture cistercienne tout  élément  décoratif a été exclu. Des tracés régulateurs et un recours constant à des mesures relevées dans l’église ont présidé à la réalisation   du  buffet.  La figure  carrée, symbolique du  chiffre  4  régit l’ensemble du buffet d’orgue en évocation d’une parole de Saint Bernard,  fondateur   de   l ’ordre cistercien : “qu’est-ce  que  Dieu ? Il est  tout  à    la fois longueur, largeur, hauteur et profondeur. Ces quatre attributs divins sont l’objet d’autant de contemplations”.   

Tracés régulateurs

    Orgue aujourd’hui :

     

    L’atrophie de l’écriture liturgique pour orgue après Vatican II, et la croissance d’intérêt pour l’orgue ancien en raison du développement du microsillon dans la même période, ont motivé une stagnation dans la création en facture d’orgue depuis trente ans. De nombreux orgues neufs sont totalement décalés par rapport à l’écriture musicale contemporaine. En tant que lieu de création musicale pour la liturgie d’aujourd’hui, en tant que cadre d’un festival qui a régulièrement passé commande d’œuvres musicales, Sylvanès se devait de procurer aux compositeurs d’aujourd’hui l’instrument de leur langage musical.

De quoi s’agit-il ?

    D’abord et avant tout d’un instrument qui permette de jouer tout le répertoire organistique du XVIème siècle à nos jours. C’est une affaire entendue depuis longtemps maintenant qu’un tel instrument ne permet pas une interprétation musicologique de la musique car l’orgue de Bach n’était pas celui de César Franck, mais rien n’interdit de créer un instrument qui n’est ni celui de Bach ni celui de Franck mais qui accueille l’une et l’autre de leurs œuvres. Chacun sait que Bach n’a pas connu le piano et pourtant combien nous touchent les différentes interprétations d’œuvres du Cantor par d’immenses pianistes. Ce qui est possible au piano doit l’être à l’orgue.

    Ensuite, un instrument qui fonctionne sur la dynamique du son, le timbre, l’attaque, la “couleur sonore”, au lieu de la puissance monolithique qui, depuis la fin du XVIIIème siècle a fait s’enfler l’instrument vers l’esthétique “marche nuptiale” ou “sortie de Grand Messe”.

    L’acoustique de Sylvanès est suffisamment efficace pour que l’on puisse miser sur la diversité des sons qui sert la spatialité de l’instrument plutôt que sur l’empilage des jeux en plus ou moins fort.

    Un instrument facilement maniable dont la plasticité d’usage lui permette non de s’imposer aux compositeurs mais de les accoucher. N’oublions pas que les compositeurs écrivent de la musique d’orgue et non de la musique pour orgue (accommodée aux aléas techniques de l’instrument). Ici, les progrès de l’informatique musicale portent une grande promesse pour l’avenir de la musique d’orgue. En effet, l’orgue, à l’instar de l’ordinateur, est une prodigieuse machine. C’est pourquoi toute la technologie de l’orgue de Sylvanès, réalisée en mécanique traditionnelle, est compatible avec un appareillage informatique. Il est encore un peu trop tôt pour explorer ce nouveau monde musical, mais ce qui relève aujourd’hui du laboratoire de recherche sera très bientôt à portée de la main et ... de l’oreille.

    Un instrument enfin qui, au-delà de la liturgie, suscite de nouvelles formes de rapports à la musique. La position de l’orgue de Sylvanès à portée du public, sans la distance que crée la tribune, le caractère convivial de tout ce qui se fait et se vit à Sylvanès doivent nous inciter à créer de nouvelles complicités musiciens/mélomanes.

    Liturgie :

     

    La Liturgie Chorale du Peuple de Dieu composée à Sylvanès, par le Père André Gouzes, n’implique pas d’accompagnement à l’orgue. C’est pourquoi l’orgue permet de renouer ici avec l’ancienne pratique de l’alternance où l’organiste  intervient en commentateur  des textes liturgiques.

    “J’ai réfléchi avec André Gouzes sur le rôle habituellement dévolu à l’orgue pour accompagner le chant de l’assemblée. Ce qu’en terme de métier nous appelons, avec justesse et cynisme “la pompe à cantiques”. Là, le rôle de l’orgue est d’imposer sa loi, église pleine ou vide, il meuble l’espace et s’impose à l’assemblée. Cet usage est en fait assez récent et fut précédé très longtemps par l’alternance du chant et de l’instrumentation.

    Dans l’alternance, le rôle de l’instrument n’est plus d’imposer son souffle à l’assemblée mais au contraire de lui permettre de reprendre souffle. Tant sur le plan respiratoire qu’en lui offrant d’intérioriser, le temps de la paraphrase instrumentale, le texte qui vient d’être chanté. L’instrument fonctionne ici en résonateur, il entre en résonance avec le chant de l’assemblée”.
 

Tuyauterie du Positif

    Diffusion musicale :

     

    Centre de création musicale et d’un festival international de musique sacrée dirigés par Michel Wolkowitsky, Sylvanès souhaitait disposer d’un orgue au service d’un large répertoire ouvert sur la musique symphonique et contemporaine. C’est pourquoi la composition sonore, très orchestrale, s’enrichit de l’harmonisation de cet instrument qui privilégie les rapports de timbres et les rapports d’espace plutôt que les effets de puissance.

   La palette sonore de l’instrument se répartit en quatre claviers manuels de 61 notes et un pédalier de 32 notes.

  • Le Positif est traité de façon incisive. La plupart de ses jeux sont des principaux. Sa position au sol, à hauteur d’écoute immédiate, lui confère un caractère énergique. Il est la tête de proue de l’édifice sonore. Ses jeux relèvent pour la plupart - dans leur nature comme dans leur harmonisation - de l’esthétique polyphonique.
     
  • Le Grand Orgue occupe la partie centrale de l’orgue. Il constitue l’élément axial de l’instrument autour duquel les différents autres plans s’articulent. Sa composition et son harmonisation avec beaucoup de fondamentale, lui permettent de servir aussi bien la littérature baroque que les œuvres du répertoire symphonique.
     
  • Le Récit est conçu en symétrie du Positif. Il est caractéristique de la musique symphonique et contemporaine. Sa composition apporte à l’instrument une bonne plasticité orchestrale.
     
  •  Le Solo est situé en couronnement central. Il se compose d’une grande synthèse flûtée, basée sur le Bourdon 16 qui répond à tous les critères de la registration solistique, y compris les mutations éloignées que sont la Neuvième 1 7/9 et la Septième 1 1/7.
     
  •  Les sommiers du Pédalier encadrent l’instrument. Les jeux les plus graves sont à hauteur de l’entablement de l’orgue alors que les jeux les plus aigus ou de mutation sont tout en haut du buffet afin de favoriser leur effet fusionnel avec la masse sonore de l’instrument. 

Tuyauterie du Solo

Tuyauterie du Grand Orgue

Tuyauterie du Récit

Discographie, Vidéographie, Citations
 et composition de l’orgue

Site de l’Abbaye de Sylvanès